Des centres ferment, des traitements s'arrêtent
En janvier 2026, les coupes dans le PEPFAR, le programme américain de lutte contre le VIH, ont entraîné la fermeture de 127 centres de dépistage en Afrique du Sud. D'après GroundUp, qui a publié une étude le 15 août, 45 % des cliniques soutenues par le PEPFAR en Ouganda ont réduit leurs horaires. Au Nigeria, 3 000 patients ont été privés de traitements antirétroviraux depuis mars.
Une infirmière d'un centre de Gaborone (Botswana) expliquait en avril : "On a dû refuser des nouveaux patients. Les stocks de tests rapides sont épuisés depuis deux mois."
Les populations les plus exposées :
- Hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH)
- Personnes trans
- Travailleuses du sexe
Elles dépendent de ces structures pour un accès gratuit aux soins.
150 000 infections supplémentaires d'ici 2028
D'après une modélisation du Centre for Infectious Disease Research in Zambia (CIDRZ), relayée par GroundUp, les coupes pourraient entraîner 150 000 nouvelles infections par le VIH en Afrique du Sud d'ici 2028. Parmi elles, 60 % concerneraient les 15-24 ans. Cela s'explique par la réduction des campagnes de prévention pour les jeunes LGBT+ et l'arrêt des distributions de PrEP (prophylaxie pré-exposition) dans les universités.
Le Dr Linda-Gail Bekker, présidente de l'International AIDS Society (IAS), a déclaré le 10 août : "PEPFAR a sauvé 25 millions de vies depuis 2003. Le gel des financements est un recul de 20 ans."
Mobilisations et réactions internationales
Le 5 août, des activistes LGBT+ et associations de patients ont empilé 200 cercueils devant le Département d'État américain à Washington. L'action symbolisait les morts attendues. The Advocate rapporte que 13 manifestants ont été arrêtés, dont d'anciens employés de l'USAID licenciés après les coupes.